Les orientations budgétaires de la ville en débat

Temps fort de la vie de la collectivité, le Rapport sur les Orientations Budgétaires (R.O.B.) 2017 de la ville d’Aurillac a été présenté en conseil municipal, le 16 février dernier.

Présenté en amont du budget primitif 2017, prévu le 30 mars prochain, le R.O.B. a permis aux élus de débattre de la stratégie financière proposée par la Municipalité d'Aurillac pour mener à bien les engagements pris devant les Aurillacois en 2014. Dans un contexte de baisse majeure des dotations de l'État, la priorité consiste à réaliser des économies de fonctionnement pour préserver les grands équilibres financiers, notamment la capacité à investir de la commune.
Aurillac a la chance de disposer d'une situation financière saine, héritage d'une gestion rigoureuse menée depuis 2001. Mais face à un contexte particulièrement difficile pour les collectivités territoriales, où se conjuguent baisse des ressources et demande croissante de la population pour plus de services publics, les orientations budgétaires 2017 doivent allier méthode et rigueur pour atteindre les objectifs suivants : ne pas augmenter les taux d'imposition locaux, maîtriser au plus juste les dépenses de fonctionnement, notamment la masse salariale, maintenir un service public de qualité et équitable pour l'ensemble des Aurillacois, poursuivre le désendettement de la commune et maintenir une enveloppe d'équipement significative.

 Meallet de coursPhoto 1 / Le site Méallet de Cours, qui abritait notamment la caserne des pompiers, devrait être totalement réhabilité

 

Quelle situation financière à Aurillac ?

Depuis 2013, la volonté gouvernementale de faire participer les collectivités locales à l'indispensable redressement des comptes de la Nation a considérablement contraint le cadre budgétaire de celles-ci.
Cependant, grâce à une situation financière saine, qui lui a permis d'aborder cette période de baisse des dotations de l'État sans handicap particulier, la ville d’Aurillac a réussi à maintenir, au prix d'importants efforts de gestion, un niveau satisfaisant d’autofinancement. Fin 2016, la capacité d’autofinancement de la commune s’établissait à 15,83 %, ratio nettement supérieur au seuil d’alerte fixé à 10 % par les analystes financiers.
Malgré tout, si la future majorité gouvernementale décidait de poursuivre la baisse des concours de l'État aux collectivités locales, la ville d’Aurillac serait alors dans l'obligation de prendre des décisions plus drastiques et d’envisager d’éventuelles suppressions de services à la population.
Sans cela, la commune serait confrontée à un effet ciseaux (progression plus rapide des dépenses de fonctionnement que des recettes de fonctionnement), qui dégraderait mécaniquement la santé financière de la collectivité et donc sa capacité future à investir.

 

Des recettes en baisse

En 2017, la Dotation Globale de Fonctionnement, principale dotation de l'État, est inférieure de 2,4 millions d'euros à son niveau de 2013, ce qui représente sur les quatre derniers exercices une perte de recettes de 5,5 millions d'euros. L'absence de lisibilité sur le niveau futur des concours de l'État rend impossible toute prospective budgétaire fiable au-delà de l'année 2017.
Compte tenu de la volonté municipale de ne pas augmenter les taux municipaux d'imposition, le produit de la fiscalité directe locale a diminué de 200.000 euros en 2016 du fait des mesures fiscales prises en faveur des ménages à revenu modeste.
Face à ce constat, et malgré une légère hausse des recettes d'exploitation, les recettes réelles de fonctionnement de la commune ne progressent malheureusement plus.

 

Analyse des dépenses de fonctionnement

Dans ce contexte, il faut désormais réfléchir à une nouvelle logique budgétaire dont l'objet vise à faire la part entre l'urgent et le lointain, l'obligatoire et le facultatif, l'indispensable et l'accessoire.
Aussi, afin que le budget 2017 puisse soutenir l'activité économique du bassin de vie et répondre aux attentes des administrés, une planification extrêmement précise des dépenses de fonctionnement est indispensable.
Celle-ci devra gommer les dépenses superflues de tous les secteurs. La masse salariale, qui constitue la plus importante des dépenses de gestion, devra faire l'objet d'une analyse extrêmement précise et rigoureuse.
Depuis plusieurs exercices, les temps ne sont plus à la diversification des actions et des projets au risque de mal les assumer, mais à la concentration des moyens sur les services fondamentaux au public, indispensables à la vie quotidienne. Aussi, les efforts de gestion entrepris sur les charges à caractère général seront amplifiés et poursuivis sur les années à venir tant que le contexte budgétaire actuel perdurera.

 

Dotation globaleMaintenir l’investissement

Malgré ce cadre contraint subi par les collectivités locales, la Municipalité d'Aurillac ne veut pas céder à la sinistrose. En effet, la pire des erreurs serait le repli sur soi, la crainte de l'avenir, l'arrêt de toute prospective et de tout projet. Malgré de fortes contraintes sur son budget de fonctionnement, la commune parvient à maintenir un niveau d'investissement conséquent, sans recours à la fiscalité ni à l'emprunt. D'importants investissements ont été menés à bien : complexe cinématographique Le Cristal (8,6 M€), reconstruction de la cuisine centrale (1,1 M€), réhabilitation de l'espace Hélitas (4,3 M€), rénovation du groupe scolaire des Alouettes (500 K€), rénovation du marché couvert (1,8 M€).
Sur l'exercice 2017, la ville devrait proposer une enveloppe d'investissement (hors reports de crédits) proche des 11 millions d'euros. Outre le maintien des grands équilibres financiers, ce volume d'équipement particulièrement significatif s'explique par la volonté gouvernementale d'apporter un soutien conséquent aux collectivités locales, porteuses de projets structurants pour leur territoire.
Avec un programme d'investissement ambitieux, indispensable à son développement, à sa transition énergétique et à la lutte contre la baisse démographique, la ville d'Aurillac bénéficiera pleinement de ces aides de l'État.
Ainsi, l'année 2017 devrait voir l'aboutissement d'un certain nombre de projets et le lancement d'opérations majeures pour notre commune : îlot des frères Charmes, réseau de chaleur, valorisation des vestiges de l'îlot Saint-Géraud, restructuration de l'îlot Baldeyrou, Cré@cité, réhabilitation de l'ancienne caserne des pompiers (rue Méallet de Cours), rénovation de l'école Jean-Baptiste Rames, transfert de la crèche Vermenouze sur le site de l'ancienne école Jean- Baptiste Veyre, création d'un parcours santé seniors au Clos des Alouettes...

 

Dette et emprunt

Depuis de nombreuses années, la Municipalité a fait du désendettement de la commune une priorité. En effet, considérant que l'emprunt est l'impôt de demain, elle a particulièrement été vigilante à limiter le recours aux prêts pour financer ses investissements. Cette volonté s'est traduite dans les faits puisque la dette municipale est passée de 30,5 M€ au 31 décembre 2010 à 22,8 M€ au 31 décembre 2016, soit son niveau le plus bas jamais atteint.